Kalista Sy une metteuse en scène sur le mariage polygame.

Faisant suite à mon article «  Qu’est ce qu’elle a de plus que moi ? »,  de la série 29, j’ai eu une discussion enrichissante avec l’auteure de « Maîtresse d’un homme marié »
Elle est jeune, simple, ambitieuse et pertinente.
Elle s’appelle Kalista Sy.
Personnellement, mon article cité est un simple reflet des expériences de mariage vécues par les unes et les autres. J’y ai développé un point de vue strictement féminin.
J’admets que c’’est une synthèse de confidences reçues de plusieurs femmes différentes, qui restent dans l’anonyma total.
Tendres pensées pour feue Tata Déguène Chimère Diaw.
Pour en revenir à Kalista, l’épisode 29 de « Maîtresse d’un homme marié » est selon elle, caractéristique du point de vue des hommes.

 

Elle y a présenté un retour sur leurs expériences ambiguës liées à la polygamie.
Une polygamie dont les hommes sont les acteurs directs. Pour certains d’entre eux, les expériences ont été facilement gérées et ont eu des issues heureuses.
Pour d’autres, l’expérience a perturbée leurs vies et déstabilisée le noyau familial. Ceux-là ont vraiment souffert du dilemme d’avoir à gérer deux épouses à la fois.
Que ce soit l’une ou l’autre, moi, je reste fidèle à mes affirmations d’antan : cette série est une révolution.
Les personnages sont un assemblage de personnalités différentes dont les vies se recoupent dans les rôles que Kalista leur a attribués. De la réalité à la fiction, ces personnages sont devenus quasi réelles avec des vies très proches la vie de nos mamadou, lucas, mbaye ou alain.
Ses explications viennent de m’éclairer sur les raisons qui poussent les aida, sokhna, sophie, astou et mounass, en général toutes celles qui suivent la série, à retrouver une partie de leur vie, ou de la vie de leurs proches, dans celles des  personnages de la série.
Je l’ai écouté me décrire l’épisode 29, réalisée sous l’angle de vue d’un homme.
En réalité, telle une anthropologue, une sociologue ou une observatrice consciencieuse de la vie, Kalista a écouté, compris, analysé chaque histoire qui lui a été narrée. Puis, elle s’est imprégnée des réalités sociales qui ont accompagnées ces histoires-là. Ensuite, elle a dû certainement s’asseoir s’est mise à créer une seule, une unique histoire reflétant la vie de toutes ces personnes anonymes qui ont vécues, qui ont vues, et qui se sont confiées à elle sur la polygamie et ses dommages collatéraux.
Que l’on soit sénégalais ou pas ses histoires nous transportent dans une réalité moderne et culturelle déconcertante. Elle colore ses répliques et les rend particulières dans la diversité et le mix des histoires vécues par ses personnages fictifs et réels.
Ses concepts déterminent un style humoristique, franc et cru à la fois, qui lui est propre. Dès les premières secondes  maintient le fil conducteur de ses scènes, frappe notre imagination sur des thèmes très réalistes et pique notre curiosité à rester jusqu’à la fin.
Elle choque par l’usage de ses peignures et ses gnognons tirés du langage populaire.
Elle reste naturelle et contourne malicieusement la censure.
Par exemple Birame qui met son frère dans le rang des salauds. Que des mots crus et véridiques qui ne choquent plus quand Kalista fait comprendre à son public, subrepticement , durant les 28 épisodes précédentes, que Cheikh mériterait bien ce surnom.
Un autre exemple, Lalla, dans ses délires de folie, utilise le mot sexe à trois reprises. Pourtant, le contexte d’utilisation que l’auteure a fait de ce mot n’a presque pas choqué. Car le questionnement est proche de la réalité que Lalla et beaucoup d’autres femmes ont expérimentées. Sur le plan technique, son emploi est très explicite par rapport à la situation scénique.
Le travail de cette petite femme metteur en scène, est une petite révolution pour une télé sénégalaise très influencée par les interdits religieux, la pudeur culturelle et coutumière.
Est-ce que les mentalités auraient évoluées ? Est-ce que Kalista, à travers le septième art, a plutôt été une fine experte de la communication pour le changement de comportement et d’attitude ?

 

Est-elle un acteur d’éveil des consciences ? Essaie-t-elle de réunir les mentalités autour de l’unité familiale ?

 

Tout ce que je retiens de cet entretien, c’est que lentement mais sûrement, à travers un devoir de mémoire elle capture les moments intenses des mariages sénégalais de tous les jours.

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