La cérémonie du mariage sénégalais : décortiquer le Ndayyalé

Le mariage Sénégalais est avant tout un fait sociétal.
Ce jour tant attendu par les jeunes filles, à moins qu’elles ne s’adonnent à leurs époux gratuitement, ne se passe pas exactement comme elles l’auraient souhaitées.
Au Sénégal, le rêve d’avoir le mariage de princesse ne se réalise pas souvent comme le voudrait la future mariée. Le mariage est entièrement organisé par la famille.
La maman s’occupe de recevoir les cadeaux et d’organiser le protocole qui s’en suit.
Le papa et les oncles eux, s’occupe de la logistique liée à la religion.
Les mariés eux, laisseront les badjènes ( tatas paternelles) commander les tenues des mariés et le service traiteur et de salle pour la réception.
La remise de la dot et des cadeaux quand à elle, fera l’objet d’un protocole dont seules les initiées seront les maîtresses du jeu entre connaisseurs.
Avant la fête du mariage, le fiancé doit envoyer une délégation chargée de remettre le ou les cadeaux de la mariée, à la belle famille.
Le lot comprendra un montant global, souvent accompagné de parures en or. Il arrive aux plus nantis d’offrir une voiture ou une maison en plus.
Mais en réalité, seuls les cadeaux en nature et une partie de l’argent vont entièrement à la mariée. Le reste de l’argent sera remis aux bons soins des organisatrices des cérémonies à venir pour le jeune couple
Dans cette perspective, chaque famille devra être représentée par une griotte, détentrices des savoirs liés aux rituels du mariage, des secrets du wouré et du téral.
Cette dernière est consultée par chaque famille avant chaque représentation officielle. Elle l’art de la maîtrise des rouages coutumiers des rites du mariage et surtout, de l’usage de l’argent de la dot.
A la réception de la somme, au minimum 10% de l’argent de la dot doit être retourné à la famille du fiancé sous forme de transport et de petits cadeaux dus aux ndieukkés (belles sœurs), aux tatas et aux grands parents. Le reste, doit être divisé et remis aux ayants droits sous forme de noms différents. Chaque somme remis représente un symbole de représentativité dans l’organigramme des responsabilités liées au mariage.
Par exemple :
– le rérou goro.
La somme prévue pour les repas que la famille de la nouvelle mariée doit envoyer sous l’émissaire de d’une griotte et de quelques membres désignés. Ils s’y ajoute très souvent une bonne somme d’argent remise par la maman rien que pour se distinguer en Téranga (valeur de partage). Toutefois, cette somme, si elle est bien défendue par les griottes des deux familles, peu devenir l’objet de mise aux enchères dont les bénéfices reviendront à la famille qui aura la plus fine des oratrices.
– Le walou ndèye (part de la mère). C’est un montant qui varie entre 100000 et plus selon le montant de la dot. Elle revient à la mère de la mariée qui doit la garder comme une sorte d’avance sur ses futures dépenses liées à la cérémonie du teral goro (honorer les beaux parents du marié).
Cette cérémonie, tant redoutée par les mamans sénégalaises, est lourde en contraintes. Car, que l’on soit riche ou pauvre, salarié ou pas, il faut effectuer des dépenses faramineuses pour couvrir des bazins à 45000f l’unité au moins, des sommes d’argent déterminées par la redistribution de la dot, la logistique d’organisation de la cérémonie, le service traiteur etc.
Il y’a des mamans qui se retrouvent avec des dépenses de cinq millions de francs.
Pour ne pas se retrouver seule à prendre en charge ces dépenses, quand la maman fera de vous une Ndèye (mère ou marraine de la mariée), alors, préparez-vous à dépenser au moins 20 fois plus que la somme qui symbolise votre nomination en tant que Ndèye.
– le Ndèyalé
Une fois que la maman a reçu l’argent global de la dot, elle sortira 6000 f destinés à la Ndèye et 3000f à la Magg (grande sœur). Elle désignera ensuite une amie proche, une cousine ou parfois une connaissance riche, comme Ndèye (marraine), afin de l’assister d’abord financièrement à honorer ses charges liées à la cérémonie du “teral” (partage). Ensuite, avec un minimum de 25 000 FCFA, elle aidera la mariée dans ses besoins d’habillement ou d’organisation de la cérémonie de réception.
En retour à cet honneur d’avoir eu la responsabilité d’être la marraine à travers les 6000f symboliques, la Ndèye doit donner en retour au minimum : un tissu en Getzner, 50 000 fcfa, des wax, des pagnes teints etc.
 De surcroit, elle devra prévoir au moins 25 000 pour le Yabal.
– Le Yabal, c’est un rituel de remise de vaisselles pour aider la nouvelle mariés à s’installer dans sa nouvelle maison.
Elle doit prévoir le Garr. C’est à dire, de donner le transport aux badjènnes qui l’accompagneront ce jour là.
Il ne faut surtout pas qu’elle oublie de prévoir un budget pour sa griotte et les diamm (cousines).
Toujours de ces 6000fcfa, elle doit également prévoir l’achat de tissus en wax, bazin et soie pour le terral prévu lors du baptême des futurs enfants du couple. Le couperet de ses obligations de Ndèye, ce seront les 100000fcfa environ qu’elle devra donner à la maman de la mariée en soutien à l’organisation du baptême.
– La Magg ( grande sœur), elle, doit juste dépenser à peu près 25000 pour l’achat d’un panier rempli d’artifices érotiques tels que : de l’encens, du parfum de chambre ou de lit, des petits pagnes en fil de pêche, des aphrodisiaques etc.
Suite à vos questions en privé, pour le moment, voici toutes les informations que j’ai pu avoir sur les obligations liées à la redistribution de la dot.
Quant au Wouré, à proprement dit, il fait l’objet de plusieurs questionnement, car les filles ne sont pas formées en général aux procédés.
Je reviendrai là dessus dans un autre blog.

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