On ne baisse jamais les bras!

Témoignage Ano
Tant qu’il y’a la vie, il y’a de l’espoir.
Je suis le groupe depuis deux ans maintenant. Aujourd’hui, je me dis que si j’avais ce support moral qui s’est développé autour de la petite communauté virtuelle que nous formons aujourd’hui, j’aurai eu moins de souvenirs douloureux de la mauvaise passe que j’ai traversé.
J’ai été diagnostiquée de la Polyarthrite Rhumatoïde et de la fibromyalgie en 2013. Je ne vous en apprendrai pas plus sur la PR, mais la fibromyalgie par contre, est une maladie neuropathique qui se manifeste singulièrement par des douleurs musculaires incessantes. Des célébrités comme Morgan Freeman et Lady gaga en souffrent.
J’ai toujours des douleurs souvent accompagnées de crampes musculaires au niveau de la tête, de la nuque, des hanches, des cuisses, des mollets, des bras etc…
Ô Dieu que j’ai souffert !
J’ai suivi 9 ans de traitement en prenant 35 médicaments par jour. En biothérapie, je faisais une injection de Cimzia une fois tous les 15 jours, pendant 6 mois : coût 2500 euros par piqûre. Associé à la méthotrexate que je prenais une fois par semaine, mon transmina n’arrêtait pas de monter sur les résultats de mes bilans sanguins. Je grossissais à vue d’œil, jai pris 30Kg.
Ce mélange de Cimzia et de cortisone, sans compter la morphine 180mg, l’oxycontin et l’oxynorin, 120mg de cortizone, avait fait de moi une vraie toxicomane. J’étais devenue dépendante des médicaments. J’ai commencé à avoir des problèmes cardiaques. J’ai même fait un sevrage médicamenteux pendant 4 jours à l’hôpital.
Je vous jure, j’ai vécu ce sevrage comme dans les films : tu es en manque, la douleur te lacère les muscles, tes articulations prennent le relais. J’avais envie d’en finir avec la vie. Je voulais me cogner la tête aux murs, j’étais tout le temps en sueur.
La fibromyalgie me donnait l’allure d’une personne atteinte de la maladie de parkinson. Je tremblais tout le temps.
La période la plus grave de ma maladie, ce sont les deux ans durant lesquelles j’étais paralysée.
Mon mari, que je loue de tous les noms de saint, a arrêté de travailler pendant 4 ans et est carrément devenu mon infirmier.
Il me lavait, me m’habillait, me donnait à manger, me rassurait, suivait mes rendez-vous médicaux. En quelques sortes, si je suis restée en vie, si j’ai tenue jusqu’à aujourd’hui, en plus de ma foi en Dieu, c’est en quelque sorte grâce à lui.
Pendant ces deux ans là, il avait caché mon état à ma famille à Dakar, pour ne pas inquiéter ma mère qui a le cœur trop fragile.
Il s’occupait de la maison, des enfants, de moi et de lui-même. Un homme comme on en trouve plus ! Durant ce périple, mon mari a été ma récompense divine. Je l’aimerais toute ma vie.
L’année dernière, mon nouveau médecin qui est interne, m’a fait suivre une traitement très peu connu au Kineret (40euros la boite). Pendant 6 mois, j’ai pris une piqûre par jour sur le ventre ou dans un muscle à la cuisse.
Aujourd’hui, je ne prends plus que du doliprane et du plaquenil. J’ai rarement des douleurs, et on m’a diagnostiqué comme étant en rémission.
Mais mon histoire ne se termine pas là…
A cause du cocktail médicamenteux, je suis restée 6 ans sans avoir mes règles. Les médecins m’ont annoncés que j’avais l’utérus complétement déformé. Il était plié en deux. La solution, c’était de l’enlever.
Bah, avec une PR et une fibromyalgie, que pouvait-il m’arriver de pire dans la vie ?
Heureusement, Dieu m’avait déjà donné deux magnifiques petits bonhommes. J’ai pensé à toutes celles qui rêvent d’avoir un seul enfant et qui n’en ont pas. Alors, je me suis dit : « Soit, que mon destin s’accomplisse ».
J’étais partie pour une visite finale chez mon gynéco pour les dernières vérifications avant l’opération, quand ce dernier m’annonce tout bonnement « il y’a un cœur qui bat ici ».
Imaginez notre surprise à tous les deux. Je vais avoir un enfant !
Je viens d’avoir 40 ans, j’ai vécu les pires expériences de ma vie avec mes turbulents voyages médicaux. Pendant toutes ces étapes, je n’ai jamais perdu la foi. Je n’ai jamais cessée de me battre. J’ai toujours cru que cela ne pouvait pas mal finir.
Aujourd’hui, l’avenir m’a donné raison.
C’est pourquoi, j’ai tenu à partager mon expérience pour que vous, que je vois tous les jours témoigner de vos souffrances, vous ressaisissiez et preniez votre combat avec la maladie à bras le corps.
Il n’existe pas de science exacte, donc ne pensez pas que votre vie tire à sa fin parce qu’on vous a diagnostiqué de X, delta ou bravo de maladie.
Battez-vous. Avec vos médecins, travaillez en collaboration pour trouver des solutions de traitements adaptés à votre corps.
Pour celles qui n’ont pas encore eu d’enfants, ne vous avouez jamais vaincues.
Dieu a bravé la science avec moi, car la loi de la nature n’est pas une science exacte.

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