Qu’est ce qu’elle a de plus que moi?

Un Cheikh Diagne rongé par le remords des conséquences de son deuxième mariage?

Un euphémisme.
Une litote.
Pour une fois, Kalista Sy que je félicite en passant, pour avoir osé soulever tabou, n’a pas totalement appuyé son doigt sur la plaie.
Pourtant, depuis l’épisode 1 de la série Maîtresse d’un homme marié, elle n’a pas pris de détour pour décrire, dans les moindres détails, les affres du mariage vu par la société sénégalaise. Plus précisément par les femmes elles-même.
Pour l’épisode 29, elle a embelli le personnage de Cheikh.
Car, pour une fois dans la série, le comportement de Cheikh ne reflète pas du tout celui d’un homme sénégalais qui prend une deuxième épouse.
Pour résumer, Cheikh convole en nouvelles noces avec son ex maîtresse et sa première épouse Lalla est tellement affectée qu’elle en perd la raison.
Il décide de rester à côté de son épouse affectée par son choix
Rewind! Ou marche arrière rapide!
Naturellement, dans la vraie vie, la lune de miel aurait bel et bien eu lieu.
Le voyage de noce se serait déroulé comme prévu.
La seconde vie de couple, ou la guerre de Troie aurait bien eu lieu.
Je parle au nom des expériences vécues qui m’ont été relatées. N’’a-t-on jamais vu une femme perdre la raison parce que son époux en courtise une autre? Suite à l’annonce d’un mariage polygame, combien de fois a-ton vu l’homme considérer la dépression de sa femme comme étant une comédie. en général, le nouveau projet de vie est mené à bien et  madame finit ses jours dans un internat psychiatrique.
Kouy perte?
Une femme folle, c’est comme une femme handicapée, on la cache.
Et c’est tant mieux car la vie continue “nicement”, avec les deux nouveaux tourtereaux.
Une allégorie, je dirai, ce rôle d’un Cheikh compatissant face à la folie de Lalla.
Une idée abstraite du concret je pense, qui en dit moins que ce qui se passe en réalité.
A mon humble avis, car je ne suis pas experte, je suis juste une nostalgique de l’étude des personnage d’un roman, ce Cheikh-ci a été un peu dénaturé sur cette scène.
Ici, Kalista nous présente le Cheikh des rêves de toutes les femmes dont les maris ont optés pour une deuxième douloureuse épouse.
Car, maîtresses ou épouses,  elles sont toujours douloureuses pour les premières.
Ici, elle met en scène un Cheikh compatissant, un Cheikh torturé par le remord, un Cheikh déstabilisé au point de refuser de consommer sa première nuit nuptiale.
Kalista, je le dis tout comme j’au rai dit Hugo 🙂 ce Cheikh là, n’est pas LE Cheikh Sénégalais.
Elles sont nombreuses à me lire.
Elles sont nombreuses à l’avoir vécus.
Elle sont nombreuses à acquiescer du fond de leurs lits, à travers leurs smartphones.
Elles savent de quoi je parle.
Oui, j’en ai vu, ou entendu parler de celles qui ont radicalement perdu le nord à la suite des deuxièmes noces de leurs époux😢.
Parfois même, elles perdent la boussole bien avant les deuxièmes noces.
Pour celles-là, malgré la folie, les deuxièmes noces ont pu être célébrées.
La folie a perdurée.
La folle a été peu à peu oubliée.
Car comme le dit la mère de Racky, « terangay adina beutt ». Une expression wolof difficile à décortiquer. Toutefois je vais tenter de m’y atteler.
Au Sénégal, à quelques exceptions près, car ceci n’est point une généralité, les proches ont une mémoire très courte.
Dépendant de la position des protagonistes au moment des nouvelles deuxièmes noces, le mal, comme le bien peuvent être effacés en un revers de la main, avec ce qu’on appelle la teranga.
Ne la confondez surtout cette teranga à de la corruption. non, ce n’est pas du tout une antiphrase. Loin de là 🙂
Par teranga, je veux dire la remise de cadeaux, de billets de banque, de bazins derniers cris, de tissus en wax, de la soie, d’un panier ndogou, d’un bol de méchoui ou de grillade de poulet etc.
La teranga ou l’art d’effacer son ennemi de la mémoire des gens, est en quelque sorte devenue une arme redoutable pour toutes celles qui viennent d’entrer dans l’arène de la compétition polygamie.
Lalla, elle est non seulement perturbée par la trahison de Cheikh, mais en plus, elle est surtout révoltée par cette forte pression sociale.
Ses proches lui recommandent de ne pas se laisser faire et de « défantei » (combattre) Marième sur le plan aussi bien psychologique que  mystique.
Lalla est arrivée à un point de dépression psychique apparement irréversible.
Car elle a passé sa vie avec Cheikh à faire un « defantei » psychologique avant même qu’il ne commence à entretenir une relation avec sa maîtresse.
Le defantei, pour nous autres, est un combat qui sert à gagner de l’amour, de l’estime et de la reconnaissance de l’entourage de la belle famille à travers des présents.
Entre autres: les beaux habits, la bonne cuisine, les cadeaux à la famille, la dévotion et la soumission totale à Cheikh.
Sans oublier les billets de banque que Lalla déversait à Bireum, son raté de beau frère qui se plait à dire aujourd’hui que « Lalla a rejoint le camp des fous à la psychiatrie ».
Le revers de la médaille me direz-vous.
Aussi choquant que cela puisse paraître, Bireum est le seul personnage de la série de Kalista Sy, qui continue de rester fidèle à son rôle plus proche de la réalité d’un pervers narcissique.
 Lalla a tout donné.
C’est pourquoi elle n’arrête pas de répéter continuellement qu’est ce qui lui manque? Qu’est ce qu’il est allé chercher chez elle?
La question classique qui revient dans tous les films, romans, ou oeuvrent qui traitent de trahison conjugale.
Depuis 1979, la plaie de Mariama Bâ reste béante comme le dirait ma sœur.
Un triste reflet de la réalité, cette fois-ci bien sénégalaise.
J’aime bien écrire pour vous. Vous divertir est un plaisir à mes yeux.
Toutefois, seuls vos commentaires peuvent me permettre de savoir si vous avez aimé mes écrits et mon style afin de me donner le courage de continuer.

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